Vendredi 17 mars 2006
Hello à tous !
Petit écrit, vite fait, dans un moment de perdition. J'attend vos avis !






La tristesse déchirait son visage, lissé par l'absence de sentiments, dans un rictus effrayant. Les larmes ruisselait sur ses joues, et les sanglots ressemblait à ceux d'un gamin, en proie à une crise de pleurs, incontrôlable. Les hocquets agitaient son corps par spasmes, et Aymeric se recroquevillait encore plus dans le coin sombre qui le protégeait du monde et de ses peurs. Il glissait sur la terre sèche, grattant le sol pour se coller davantage contre le mur, et de ses mains salies il s'essuyait à grand revers les larmes cristallines qui le souillaient. Ce retour de lucidité lui déchirait l'âme aussi sûrement que son coeur. La bête s'éteignait l'espace d'un instant pour lui rappeler son cruel état, pour lui souffler toutes ses pertes. Lauréline. Cette pensée le tordit de douleur, comme l'aurait fait un carreau d'arbalète droit sur son coeur. Il l'avait perdu, et désormais il n'existait plus. Les sanglots qu'il étouffait attirèrent l'attention, dans les ruines des rues ou l'activité commençait à renaître, et un homme vint vers lui, indécis. Alors, Aymeric, avalant son dernier sanglot, glapit de peur. Va t'en. Je t'en supplie va t'en. Le pauvre curieux vit la face du malheureux se métamorphoser, et la lueur de douleur, au fond des yeux d'Aymeric, disparaître. Il ne sentit ensuite que l'explosion de douleur qui fouillait ses entrailles, et le froid de la lame glacer l'interieur de son abdomen. Il regarda l'assassin avec un regard d'incompréhension, et peu à peu cette flamme de vie s'éteigna, tandis que son corps glissait le long du sabre pour tomber sur le sol comme une masse.


Faiblesse ! Tu n'es qu'un faible ! Dois je la tuer pour que tu l'oublies?


L'ombre, assassine, essuya les larmes qui mouillait son visage. Toute trace de sentiment avait déserté ses traits, et lissée par la Mort, inexpressif, le tueur se dissipa, se dérobant à la lueur éclatante de la lune, se glissant dans les replis de la Toile. Il n'était plus rien que l'objet des Ombres, et, en de lui, se créeait les Tissages maléfiques. Aymeric était devenu le Mal, ainsi que son créateur. Il n'y avait plus de limite à sa haine et sa colère. Et il deviendrait la limite à la Vie, l'arrachant à quiconque se mettrait en travers de lui.

Au fond de lui, l'Assassin étouffa une dernière pensée.


Lauréline, je t'aime.

par l'elfe publié dans : Les temps de l'Eveil
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Samedi 26 novembre 2005

Bonsoir ! Voici un petit passage des temps de l'éveil. Eheren, quelques années après ce que vous connaissez de lui : http://lyith.over-blog.com/article-353697.html

 

Bonne lecture.

 


 

 

La lame froide irradiait d'une lumière blafarde, faible réponse à la beauté argentée de la Lune. L'attente commençait à ennuyer le félin qui observait la scène, immobile, les yeux brillants au reflet de l'astre mort, tout comme le singulier être qu'il observait.

Avec l'assurance et l'habileté du maître, l'ombre aux yeux dorés se mouva, silencieuse, comme la légende l'annonçait.

Le contraste frappa Garic aussi sûrement que la lame qui s'enfonça en lui. Il ne voyait que cette ombre. Rien d'autre. Une ombre pénétrant le halo de lumière, et maintenant qui l'observait mourir. Il essayait avec peine de hurler, mais il n'emettait qu'un sifflement aigu au travers de sa gorge tranchée. La mort l'avait happé silencieusement. Et il ne put jamais apercevoir le visage de son assassin, couvert par l'ombre qui enflait à mesure que sa vie s'échappait.

Eheren baissa son regard voilé sur la lame. Elle ne brillait plus, ne refletait maintenant que sa propre haine qui l'habitait, celle du sang, qui, goutte à goutte, s'effondrait sur le sol durci par le gel hivernal.

L'enfant de l'Is'Sael'ynn Besdark n'était devenu qu'un vulgaire homme à tuer. Pourquoi avoir voulu venir dans ces terres souillées par l'Humain? Pour ne devenir que l'un d'eux?

Un trait de colère déforma son visage. Il était venu ici pour renouer avec ce que Sael'ynn était vraiment. Là ou il avait demeuré. Comment l'Is'sael'ynn Besdark pouvait il honorer son Dieu s'il n'avait même pas idée de comment il avait vécu? Eheren le savait, maintenant. Il comprenait la volonté de son peuple de se tenir éloigner des cités et du Nouveau Royaume, oeuvre de Sael'ynn et des Dieux. Un Royaume souillé par la corruption, par la Haine et les guérillas entre Maisons.

Mais pourquoi avait il décidé de s'en mêler, alors? Pourquoi avoir accepté l'immense charge qu'on lui mettait entre les mains?

Eheren observa une dernière fois le corps sans vie qui gisait là. Il essuya le sang de sa lame sur la tunique poussiéreuse de ce pouilleux. Etait il vraiment ce que l'on en disait? Etait il celui qui avait dirigé les Gardes Royaux?

Le son feutré d'un pas sorti Eheren de son interrogation, et, aussi rapidement qu'il était apparu, il s'enfoui à travers la Toile et disparu de la vue du monde, et de l'éclat lunaire.

Fuyant à travers le dédale des rues de la cité, Eheren se sut perdu de son monde. Il n'appartenait plus à l'IS'sael'ynn Besdark. Il s'était perdu en cherchant son Dieu.

par L'elfe publié dans : Les temps de l'Eveil
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Jeudi 24 novembre 2005

Salut les Jeunes ! Voilà la suite de mon texte " Chroniques Tyriennes " , précedemment mis en ligne. Ce texte pourrait visiblement prendre la place de conclusion de cette petite chronique Tyrienne. J'attend vos commentaires, et soyez un peu plus bavards que pour les premières Chroniques Tyriennes ! :)
Bonne lecture.





Etendant son corps vers les cimes du monde, sa prière silencieuse s’envola vers les Dieux qu’elle priait. La magie opérait et tandis que l’énergie, suave, quittait son corps, lentement, les souffrances de Maelinda s’effaçaient de son corps. Les flammes du lutin n’éraflaient même pas l’enchantement qu’elle tenait autour d’elle, et dans un dernier cri la bête s’affalait sous la flèche de Terak. Avec un sourire, il brandissait son arc. C’est à ce moment là que le vent choisit de souffler, s’incarnant dans une bourrasque de feuilles qui passa en sifflant entre Terak et Minaëlle. C’était la fin de l’hiver, et la Nature balbutiait encore, sortant de sa torpeur hivernale. La jeune fille gonflait ses poumons de cet air vivifiant, tandis que ses yeux d’ambres s’imprégnaient de ces couleurs qui renaissent. Et le silence la frappa. L’ombre d’un souci voilà son regard, tandis qu’elle observait Terak se refermer sur lui-même, et Maelinda balbutier quelques paroles qui attiraient déjà en elle l’Energie si bienfaisante.

Une flèche siffla à ses oreilles. Des Arpenteurs apparaissaient tout autour d’elle, rompant le charme qui les confondaient à la Nature elle-même. Une agitation apeurée tordait le beau visage de sa sœur, et Minaëlle eut la conviction que ce n’était pas qu’un simple lutin de feu. Terak encochait flèche sur flèche, et les guerriers, lames pleines de bravoures, hésitaient à aller affronter ce qui se dressait derrière la Moniale.

Tout fût si rapide. La lumière éclatante du soleil se ternit alors, et l’horreur absolue se déversa sur les Arpenteurs réunis. Minaëlle perdit alors le contrôle d’elle-même, sentant ses bras et ses jambes s’engourdirent, puis finir par ne plus répondre. La terreur la gagnait alors, tandis que des entités innommables s’attaquaient à ses amis. Et la chaleur bienfaisante et réconfortante de sa plus vieille amie s’offrit à son esprit, l’apaisant et la réconfortant, tandis qu’elle voyait sa Mort fondre sur elle. Et pourtant, de sa bouche, alors que le fil de sa vie allait se suspendre, la Nature s’exprima.

 

« _Nimwëlië ! »

 

La moniale se redressa sur sa couche, la bouche grande ouverte pour happer à elle l’air environnant. Haletante, elle se défit de la couverture de laine qui entravait ses bras. Son regard ambré parcoura l’endroit. Des arbres gigantesques, aux troncs immenses, offraient une relative protection au froid à quelques tentes, toutes habitées. Ca et là, des feux illuminaient des groupes de personnes, les traits tirés, le visage anxieux et les yeux rivés, la plupart du temps, sur la barrière de ténèbres qui se dressait à la limite du halo de lumière. La Forêt. A son côté dormait Maelinda, qui, malgré son âge, ne ressemblait qu’à une jeune fille, toute juste sortie de son adolescence. Le visage qu’elle avait quand tout est arrivé. Sept ans, déjà. Minaëlle se leva, frissonnant du froid qui attaquait ses bras nus. Sept ans que la vie s’était éteinte, et que eux, Humains, étaient des ersatz de la Tyrie. Elle frissonna une seconde fois, mais cette fois non à cause du froid. L’espoir n’était plus. Et en levant les yeux au ciel, elle sut qu’elle n’avait plus la force et le courage de combattre. Ses étoiles disparaissaient. Son ciel s’évanouissait et la splendeur de la voûte stellaire s’était dissipée. Ils mourraient. Tous, un à un. Ils mourraient pour être oublié, et alors ç’aurait été comme si l’Humanité, et la Vie, n’avait jamais existée. Des spasmes l’agitèrent et les sanglots sillonnèrent ses joues.

Les étoiles s’éteignaient, encore et toujours. La vie était perdue, en Tyrie. L’âme même de la planète semblait avoir disparue. Seule restait la Forêt, mais, chaque jour, chaque soir, tous pouvaient sentir que leur forteresse aussi mourrait, et que bientôt ils seraient seul à combattre.

 

Elle balbutia quelques paroles pour attirer en elle l’énergie bienfaisante, mais elle aussi disparaissait. La douceur avait laissé place à de l’amertume, qui rendit nauséeuse Minaëlle.

 

Qu’allaient ils devenir ?

 

Le soleil, blafard, s’éleva une journée de plus.

 

Et elle vint. Celle que les Arpenteurs pensaient morte. Que le Mal semblait avoir éradiqué. Elle s’offrit à tous, lavant leur esprit et leur corps de tous les maux, remplissant les têtes d’espoir. Elle leur conta leur avenir, leur en promis un.

L’âme même de la Tyrie se matérialisa en tout homme et femme de la Forteresse. Et tous s’armèrent. Et tous combattraient pour que triomphe la Vie. Ce serait leur dernière bataille.

Et en quittant la Forêt, celle-ci poussa son dernier soupir. La Tyrie était dans ce millier de combattants. Fière et brave. Elle allait mener son dernier combat.

 

 

 

 

 

La morsure du vent qui courait sur sa peau ne l’importunait plus. L’aura bleutée qui dansait autour d’elle se renforçait, s’épaississant en un nuage d’une blancheur immaculée. Une sourde détermination la gagnait, et ses doigts courraient sur son artefact de focus, qui, par de permanents afflux amenait en elle la douceur retrouvée de l’énergie. Minaëlle maintint avec rage l’enchantement qui l’enveloppait. Le bras ami, fort et puissant de Nazys se posa sur son épaule quelque instant. Son regard d’ambre scruta ce guerrier, dont l’armure était constellée de tache de sang maintenant séchée. « _ Tu pourras bientôt l’enlever, mon ami. » Cette détermination l’habitait aussi, et son visage peu habitué se fendit d’un sourire. Elle tourna la tête et chacun des Arpenteurs la gratifia de ce sourire. De ce magnifique sourire qui irradiait son cœur de chaleur. Le combat allait commencer. Ils étaient tous prêt. En contre bas, glapissaient les monstres, prêt à détruire la Vie.

 

Minaëlle s’avança de deux pas, et tous les Arpenteurs se mirent à courir, empoignant arcs, flèches, épées et bâtons.

 

« _Nimwëlië ! »


par L'elfe publié dans : Les temps de l'Eveil
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Mercredi 9 novembre 2005


Me voilà parvenue, dans mes longs périples sur les Terres dévastées de notre ancien monde, sur un site particulièrement interessant. Ces images si réalistes, gardées sous un verre si transparent qu'il semblerait crée par les Dieux, que je vous offre sont les vestiges de ceux qui nous précédèrent.

Regardez plutôt. Et souvenez vous. Souvenez vous ces carioles de ferailles, que la rouille mangeait. Celles que nous avons trouvés. Voilà ce qu'elles étaient, vraisemblablement quelques mois auparavant l'Evénement, celui qui plongea la Terre dans le Renouveau et la Reconstruction.





L'automobile, dans sa splendeur et sa puissance.



Ce rassemblement d'automobiles nous permet d'apprécier l'état très différent
du sol d'avant l'Evènement. Propre, lisse, encombré, et sans la moindre
poussière.




Par rapport aux autres automobiles présentes, celle ci paraît gigantesque.
Pourrant, et vous pourrez en convenir, cette présente taille paraît approcher
celle de nos chariots et autres étals ambulants des marchands de la Grande Cité.


L'étandard de cette automobile rappelle fortement celui
que portaient les Germains lors de la Grande Unification, lorsque Doryan le Grand, accompagné
de Nicolas, notre Tout Puissant, les unifia à notre cause.


Même remarque ici.


Notons au fond la présence d'un écrit : "Aguar". Malgré mes nombreuses recherches,
Je n'arrive pas à trouver de correspondance. Vraisemblablement le nom de l'une de ces automobiles.




Voilà la dernière image que le vitrage protégeait. Je vous l'adresse à vous, grand Roi du Nouveau Royaume, Urthar, huitième génération descendante de Doryan le Grand. Soyez assuré de ma plus grande soumission et de mon plus grand respect,

Je vous remercie pour les fonds que vous m'offrez pour continuer ces recherches.


Céline l'archiviste.




A l'intention d'Urthar, Roi du Nouveau Royaume,

Après étude de cet écrit, il serait conseillé de ne pas le diffuser et de nous en confier la charge. Nous le conserverons avec le plus grand respect pour la cause qui vous tient à coeur, à savoir la découverte de vos origines. Il nous semble pourtant oportun de vous rappeler que, nous, Rédacteurs des Grands Eveillés, nos Dieux,  avons mis à votre disposition l'Histoire de vos origines et de celle du Peuple. De la grande conquête et de la Grande Unification, de la naissance de Doryan, de l'Evenement et de la génèse de nos Dieux, les Grands Eveillés.


Les Rédacteurs.



Marqué du Sceau des Rédacteurs, la Toile s'organise étrangement autour de ce morceau de peau. Le conseiller du Roi, Essiil , un Rédacteur et Eveillé, pourra lire la vraie raison.

" Pictographie d'Aymeric (Saelynn), Grand Eveillé, et de Lawrélyne, avant l'Evènement, tels qu'ils furent avant d'être nos Dieux."







Et voilà, toujours à la sauce "Chronique d'une Chute" et "Temps de l'Eveil", voici les photos de notre périple au salon de l'automobile, un mois auparavant.
Pour les éventuelles questions sur la signification de certaines choses par rapport aux Chroniques ou au Temps de l'Eveil, n'hésitez pas.

Sinon, et pour conclure, remercions Romain. (Sinon je ne saurai clore un article)


par L'elfe publié dans : Les temps de l'Eveil
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Mercredi 18 mai 2005
Voilà maintenant deux mois que Lanaee est partie, sans même se retourner, du village qu'elle et sa famille habitait pratiquement depuis l'évènement. Trois ans après, exactement, quand le grand Roi Doryan a jugé bon de reconstruire ce qu'ils avaient perdus auparavant. L'arrière grand-père de la jeune fille a vécu avec Doryan, qui n'était pas un Roi, d'après la rumeur des plus médisant, mais qu'un simple garçon, et que les plus mauvaises langues qualifieraient de 'pas mieux qu'un garçon de ferme'. Un blasphème.

Deux mois. La cité Lyonnaise, qui est a une lieue de celle qui fût avant l'évènement, même en pleine reconstruction, est gigantesque. Lanaee n'en revient toujours pas, quand elle tourne à l'angle d'une rue poussiéreuse, battue par des centaines - des milliers - de pieds. Soixante dix ans n'ont pas permis de reconstruire une ville entière, mais les ébauches sont jetées depuis longtemps, et, chaque jour, de nouvelles personnes afflluent pour faire fortune, construire, aider la cité de Lyon à prendre son essor. Ceux qui y viennent pour faire fortune, au mieux, risque de finir riches commerçants. La noblesse, en Lyon, est établie depuis soixante dix ans, et elle cette noblesse n'est autre que ceux qui furent des acteurs évidents des premiers mois de l'évènement. Des familles qui maintenant, sur trois - voir quatre - générations regroupe des dizaines et des dizaines de membres. Parfois, l'ultime ancêtre est encore vivant, dirigeant d'une main de fer toute sa descendance, usant de son influence pour que ne sombre pas les idéaux qu'il avait, encore gamin, quand tout est arrivé. Mais les Hommes sont et resteront des Hommes. Et la Puissance et le Pouvoir attire bien plus que ce qu'un esprit peut accueillir. Prétention, arrogance, vanité. Tellement de ressentiment qui habitent les plus jeunes des Nobles Familles - Les Puissants Nobles - et qu'exhortent pourtant les plus vieux. Le monothéisme, quelque soit le Dieu, n'a plus eu cours dès l'évènement. Mais l'Homme a besoin de croire. Et des sur-hommes sont apparus. Lauréline. Aymeric. Florian. Minaëlle. Nicolas. Mais de combien, à part les derniers anciens encore en vie, se souviennent de leur noms exacts? Leurs exploits ont été regroupés dans un immense livre, fait par le grand roi Doryan lui même. Les idéalisant. Les déifiant. Ce qu'ils abhorraient. Mais la mort les a emportés, et leur descendance, au contraire des Puissants Nobles, s'est perdue dans les rouages du Temps. Volontairement? Peut-être. Soixante dix ans ont suffit à donner à ces enfants de 18 ans quand Tout est Arrivé un statut au dessus de celui d'Humain. Et, se référant à l'écrit de Doryan, ils devinrent affiliés à différentes catégories.
On dit que les dernières paroles de Florian - le dernier vivant - quand il rendit l'âme furent qu'il allait enfin rejoindre ses amis, dans le Tissage même, là ou Lauréline et Nicolas ont crée leur réalité. Puis il est mort, souriant, sa large hache, qu'il avait quand il est arrivé en Lyon, un mois après l'évènement, tenue avec autant de force qu'un homme de quatre vingt cinq ans à la vigueur d'un de vingt cinq. Il est parti rejoindre Leur réalité, veillant sur chacun des vivants, étant les vivants eux même, puisque DANS la Toile.

Deux mois. Lanaee secoue la tête, le temps est passée si vite.

"_Un problème, Soldat ?"

Elle secoue négativement la tête, une seconde fois.

"_Bien, alors. A tous, j'espère que ces deux mois d'entrainement auront fait de vous de vrais soldats. Maintenant, vous faites partie de l'armée du Nouveau Royaume, sous les ordres du Puissant Noble Bonnefant, lui même sous les ordres de notre Grand Roi Doryan. Puisse la Mort ne jamais vous effrayer, et puisse Floran dispenser sa Force dans votre bras. Adieu."

Lanaee tape la hampe de sa lance contre le sol, comme chacun des cinquantes  soldats qui l'entourent. Elle est soldat, maintenant. Et elle va se battre pour l'honneur de son Royaume et de Doryan. Du Grand Roi Doryan. Et demain, elle le sait déjà, elle part avec dix autres bataillons comme le sien, dont cinq sont dirigés par le même homme, et le reste par un autre Puissant Noble. Ils iront par delà les montagnes, à la République - un mot qui lui semble si étrange à prononcer - des Allemands. Et ces cinq cent soldats ne seront pas censé attaquer. Simplement escorter les deux Puissants Nobles qui la dirigent, en délégation vers l'Allemagne. En soixante sept ans d'existance, c'est la tradition de l'Ecole de l'Armée que de faire l'escorte pour la première mission.
Par delà les montagnes ! Cette pensée effleure l'esprit de la jeune fille, lui arrachant un sourire qui vaut le sifflet de Malebran, l'un des beaux-garçons du bataillon, qui, croit qu'avec son oration et ses cheveux bien rangés, arrivera à gagner autre chose qu'une rossée de coup de la part de Lanaee. Pourtant, aujourd'hui, elle n'en a cure. Les montagnes ! Son fichu arrière grand-père lui a mis ses rêves dans la tête, lui contant l'histoire de ces magnifiques monts enneigés, gigantesque morcaux de Terre qui s'élèvent, défiant les cieux.

Une vague de joie parcourt l'assemblée, et les hommes et femmes qui composent le bataillon lève haut leur lance, estampillée - comme le haut de leur plastron - du blason Royal, hurlant à la Gloire du Grand Roi Doryan. Lanaee est submergée par l'euphorie ambiante. Ils sont soldats. Sa vie est dévouée au Peuple et au Roi. Sa lance se lève encore vers le ciel


.


Il en est ainsi alors que les Temps de l'Eveil débutent, apportant avec eux les bases d'un monde nouveau, d'une Humanité nouvelle. Si seulement Elle ne pouvait ne pas retomber dans ces travers qui apportèrent le sceau de la Fin. Puisse l'Humanité rester ce qu'elle fût après l'évènement : le rêve d'un enfant.


par Jé publié dans : Les temps de l'Eveil
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Samedi 14 mai 2005


Bonsoir ! Voici un autre personnage qui fait son apparition dans la suite des Chroniques. Nous sommes toujours dans les temps de l'Eveil, bien que beaucoup plus tard que Lanaee. Autre endroit, autres moeurs. Autre histoire.

Bonne lecture.

L'Elfe
L'elfe






Le regard voilé du jeune homme surplombe l'abysse. On raconte que ce sont les vestiges d'une immense cité. Lui ne voit que de la poussière, et les restes de verdure, qui se désagrègent au toucher, faute d'hydratation. Il soupire, tandis que d'une main distraite il fait tomber le sable par dessus le parapet, suivant des yeux la chute infinie. Le vent souffle, s'engouffrant à travers les failles des murailles, à travers les feuilles mortes, qui volent en poussière, le tout avec force de sifflements et d'étranges bruits. Eheren se doute qu'à ses sons se mêlent ceux d'agonies des 'bêtes' qu'il n'a pas tué sur le coup. Tant pis, elles mourront quand même. Là aussi, on raconte que c'était d'anciens êtres humains. Moins chanceux que les autres. Ou peut être plus fautifs. Quoi qu'il en soit, ils étaient sur son chemin. Le jeune guerrier se relève d'un bond agile, malgré le fait qu'il soit pratiquement en équilibre avec une abyme sans fin sous les pieds. Son repos à assez duré. S'il n'est pas de retour dans vingt heures, les chefs de chaque Peuplades ainsi que leur Em'tec - Celles Qui Tissent - respectives le déclareront mort, et partiront sans lui. De toute façon, s'il n'est pas sorti dans vingt heures, c'est qu'il est mort. Et il le sait.

D'un pas sûr, il se déplace à travers les travées désertes et poussiéreuse, aussi discret qu'une Ombre - l'héritage de Sael'ynn, ses yeux émerveillés de tant de merveilles et grandeur.

S'il est là, c'est pour une simple et unique raison : Prendre la place de Chef de Peuplade à son père, Enfant de Sael'ynn.Il le doit, puisque c'est inscrit en lui même. Et c'est son père qui l'entraine depuis qu'il est en âge de porter une arme. Depuis 13 ans, donc. Il en a 18. L'âge ou l'on devient Dirigeant. Un Chef d'une Peuplade de l'Is'Sael'ynn Besdark. Le Peuple de Sael'ynn.

Quand le desespoir te prendra, et que tu sentiras la main froide de la mort se poser sur ta nuque, alors tu seras arrivé. Arrivé à la fin de ta vie, ou au début de tes charges. Combat toi toi-même ou meurs. Va. Subit l'épreuve de Sael'ynn, ce que lui même à subit et vaincu.

A une centaine de pas, une arche git, agité en son centre par une dépression qui fait tournoyer l'air sur lui-même étrangement. Et par delà cette arche, le vent ne semble avoir aucune emprise. D'un pas décidé, Eheren s'élance, empoignant ses deux lames et les dégainant avec célérité.

Puis il passe l'arche. L'arche et cette sensation de froid qu'il n'a jamais connu dans le Désert des Toïs. Un froid qui lui prend les jambes, lui bloque le corps et le fait tomber, tête la première. Tomber?! Non, c'est un Enfant de Sael'ynn, il ne peut...

Sinueux, le froid s'engouffre maintenant dans son esprit, glissant le long de ses os, révulsant son estomac. Ses armes, ternies, lui semblent si lourdes, si innapropriées dans ses mains, qu'il les lâche alors que le froid se transforme peu à peu en Terreur, immobilisant son âme, glaçant ses pensées. Qui est il?! Toutes ces ténèbres, ce sinistre paysage...Un rire s'élève, non loin, tandis que deux pupilles jaunes - ou est ce son esprit atterré qui invente cela? - s'allument dans les ombres. La mort. Combats toi toi même ou meurs. Elle vient lui prendre la vie. La silhouette, immense, se détache des ténèbres. Eheren tombe à genou, pleurant comme un enfant du Peuple qui aurait croisé pour la première fois les Raïno'héros' - énorme animal avec une unique corne surplombant son visage, mais il n'est pas un enfant ! Les larmes sillonnent son visage, la peur paralyse chacun de ses membres. Mais...

C'est un enfant de Sael'ynn. Sael'ynn, livré à lui même lors de l'Evénèment. Seul contre le monde entier. Sael'ynn, puissant parmis les puissants. Il ne peut pas faillir, pas maintenant. La peur s'égrène, la colère emplit son être. Tel un poison, corrosif, elle brûle ses veines. La silhouette se rapproche de lui, d'une démarche sinueuse, sa longue capuche ne cachant qu'un visage lisse. Qu'une boule noire de ténèbres.

Les yeux d'Eheren étincellent. Puisant dans la Toile même, qui lui apparait alors, il puise dans l'âme même de Sael'ynn, et d'un bond agile, se saisit de ses deux lâmes courbes et s'élance à l'opposé du monstre, qui d'un mouvement le poursuit.

Eheren bondit sur le mur qui lui fait face, tandis que la Toile lui offre le nom de Sael'ynn, un mortel qui fût comme tous les autres. Hurlant à la gloire de ce mortel, devenu le Père de l'Is'Sael'ynn Besdark, le jeune homme, ayant vaincu ses peurs, s'envole par dessus la créature des ténèbres.




"A la gloire d'Aymeric !"

Tranchant net le fil de cette artificielle vie.



par Jé publié dans : Les temps de l'Eveil
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Mercredi 11 mai 2005



Note : Bonsoir à vous. Cette nouvelle va ouvrir "Le temps de l'éveil", suite du roman que j'essaie de finir. Suite, pas réellement. Soixante dix ans se sont passés depuis l'évènement, nous sommes ici en pleine reconstruction du monde, tandis que les cités naissent et grandissent, que les royaumes se créent, les alliances se nouent, et le tout prend une dimension internationale. J'espère aussi que ceux qui ne connaissent pas les Chroniques d'une chute prendront plaisir à lire ceci. Et j'attends toutes vos critiques. Merci.
L'Elfe.









"Le temps de l'éveil"


Les gardes passent devant moi, dissimulant à peine leur sourire à la vue de mes genoux que rien ne dissimulent. Une grimace, du moins, je le ressens comme cela, ombre mon visage. Quels idiots ! C'est la cohue, ces derniers temps. Et ce, depuis qu'un Puissant Noble s'est installé dans le hameau qui s'était formé dix ans après l'évènement.

L'Evenement, je ne l'ai pas vécu. Ni même mon père. Pas même le père de mon père. Je suis née dans la poussière d'un monde qu'on reconstruit, alors que mon géniteur me serinait sur un moment qu'il n'avait vécu, me récriaient les horreurs de la période qui le précédait, utilisant des mots qui, aussi lointains et bizarres qu'ils me paraissent sur le moment, ne m'effleurent même pas l'esprit par la suite. Cela ne m'interesse pas. Quels que fûrent les gens qui peuplèrent le monde. De toute façon, mon arrière grand-père est fou. Son esprit se perd, tandis qu'il parle seul et marmotte sur la vie d'avant. Il regrette, lui. Il est trop vieux pour voir les bonheurs de la vie. Le soir, il reste dans le coin sombre de la pièce, assis sur son siège, sa main droite bougeant dans un reflexe incontrolable, ses lèvres remuant entre les bulles de bave des paroles inaudibles, ressassant sans cesse les splendeurs des grandes villes, des 'voitures', des 'avions'...Il est fou.


Je viens de fêter mes dix huit années de vie, un passage dans la vie humaine important. A ce qu'il parait. Je peux m'émanciper, quitter le foyer et faire ma vie ailleurs. Lyon. Par exemple, la cité de Lyon. Déjà quatre de mes amis y sont partis. L'avenir est là-bas, ont ils dit. Peut être, mais ma famille est dans cette ferme, et même si mes trois plus petits frères savent manier la bêche et la sarcle avec dextérité, deux mains de plus ne sont pas du luxe.

Qu'ils me regardent encore une fois avec ce sourire de porc, et je les égorge comme tels.

Dix huit ans. La cité Lyonnaise. J'irais bien voir notre Roi Doryan, quand même. Parait il qu'il a gardé les traits d'un homme de cinquante années. Il en a quatre vingt huit. Mais cela ne fait aucun doute que les Eveillés sont la cause de cette cure de jouvence ! Il doit y avoir aussi un tas d'Eveillés, dans la cité.

Mais bon, la cité est à une centaine de kilomètres au nord ouest. Et je n'ai jamais dépassé l'étang du vieux Luc. Un ami à mon arrière-grand père, si vous voyez ce que je veux dire. Il est tout aussi fou que lui, et comme par hasard, lui aussi était avec Doryan, Nicolas, Aymeric, Lauréline, Florian et Minaelle quand tout est arrivé. Biensûr ! Quoi qu'il en soit, c'était à quatorze kilomètres de la ferme et du hameau de l'Aespoir. Pas à cent. Y en a au moins pour trois jours, et ce si on estime n'avoir aucun problème durant le voyage. Assez difficile par les temps qui courent. C'est ce que le colporteur nous a dit, pas plus tard qu'hier. Ca faisait quand même un mois que nous l'attendions, et il est arrivé, sereinement, comme ça, avec cette fichue cohorte du grand seigneur. Ca y est, sa baraque est finie. Une immense demeure, le palais des contes de ménestrels. Celui que toute fille de dix ans rêve d'avoir. Le palais. Parcque le Puissant Noble est sacrément laid ! Ce qui ne l'empêche pas de sourire à tous et de loucher sur toutes les filles potentiellement capable de passer dans sa chambre ! Maudit soit il, lui et ses fichus gardes ! Des pouilleux en plastron de cuir de boeuf, à peine adouci, leur hallebarde entre les mains comme un objet inutile, et le sourire niais qu'ils arborent à chaque passage devant elle !

Bon sang, c'est la troisième fois je vais les...


Lanaee se lève d'un bond de sa souche d'arbre ou elle s'était arrêtée quelques instants de sarcler, et, furieuse, s'approche grands pas des deux gardes, qui, déjà sourient.
Le poing de la jeune fille se serre et elle l'agite sous le nez des deux, hurlant à ses deux idiots que ce n'est pas une façon de regarder les jeunes filles ainsi !

"_Lanaee ! Au lieu de jouer de tes charmes avec les Gardes de notre Puissant Noble, reviens donc par ici arracher ces fichus herbes qui poussent entre mes salades !
_Oui, père. Oui." Ses dents se serrent, et, inconsciemment, elle les fait grincer de colère.

Je vais lui dire. Demain. Oui, Demain, je m'en vais. Mher et Tenlemval sont déjà en Lyon. Mon avenir n'est pas ici.




* * *

Les gemissements de pleurs de sa mère l'exaspère. Elle ne part pas au bout du monde ! Juste à Lyon. C'est qu'elle doit être ridicule, armée comme elle l'est ! Le vieux fou a insisté pour lui remettre ces deux épées. Certes, elles sont magnifiques, très bien équilibrées, mais, en quoi cela lui servirait il? Quoi qu'il en soit, ses parents étaient rassurés. Alors elle les a prises. Le colporteur semblait très heureux d'apprendre qu'elle viendrait avec lui jusqu'en Lyon.

Je sais pas si je vais pouvoir supporter son regard pendant trois jours, à ce sacré homme !

La cariole du marchand s'ébranle, Lanaee accompagnant le cheval par la bride, tandis que le colporteur s'installe tranquillement sur son siège de guide (Heureusement que y avait qu'une place ! Au moins c'était une excuse de moins à trouver pour pas m'assoir à côté de lui ! )

Au loin, la mère Montmarmon s'effondre en larme. Sa fille unique s'en va.

Pourtant, un magnifique sourire fleurit sur les lèvres de Lanaee.

Je suis Lanaee, et je pars voir le grand Roi Doryan !











par Jé publié dans : Les temps de l'Eveil
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