Jeu

Mardi 10 mai 2005
Chroniques




Ou se situe la limite ? Mes amis, c'est en de sombres heures que je m'adresse à vous, alors que la Horde grogne à nouveau, que cette horrible étalage de poils, muscles, musc de bêtes - car ils ne sont que ça, des bêtes - se rassemble pour ramener les sombres jours de l'Alliance.

Je suis Laelyne, simple guerrière, et je me bats contre le monde qui m'entoure.

L'Alliance. Magnifique union qui vit les beaux jours de la cité de Lordaeron, détruite par celui que l'on acclamait pourtant avant. L'Alliance. Qu'est elle devenue ? Plus qu'un mot. Même plus des liens qui auraient dûs nous unir. Etaient ce seulement des contes ce que l'on me racontait, alors que je n'étais même pas assez vieille pour qu'on me natte les cheveux. Un rêve ? Ce que l'on aurait voulu qu'elle soit ?

Je n'y crois même plus. Qui sont mes ennemis ? Ceux que j'ai appris à haïr depuis que je sais marcher ? Ou ceux qui m'ont appris à les détester. Ceux qui m'apprenaient les points faibles et les points forts de choses que je n'avais même pas vues une seule fois, dans la campagne reculée ou mon village siégeait. Ceux là même à qui je ne laisserai jamais ma confiance, même pas sûre qu'ils ne détalent pas comme des chiens galeux, misérables, supposés pourtant m'appuyer après ma charge.

Alors, que faire ?
Je n'en sais rien. Je suis perdue, entre ombres et lumières.





Alors je m'envole, je pars, survolant la vallée des Nains, survolant les grandes étendues d'eau des Paluns, puis, prenant le bateau jusqu'en Kalimdor.




Pour l'instant, je combats les ombres qui envahissent mon esprit, qui usent mon corps et qui ternissent mon image. Mon piètre combat en est arrivé à la simple obéissance d'ordre qu'on me donne. Tuer, tuer, tuer encore et toujours, seule.



Par Jé
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Vendredi 26 août 2005
Camarades ! Camarades !



Salut à vous ! Et voici pour le retour de l'Elfe et de ces petits articles bidons, les Chroniques d'Ascalon.
Notez que "Chroniques" semble être visiblement un mot que j'aime et que j'utilise. En effet, mais le pourquoi du comment, aucune idée. Bref, ici sont les chroniques d'Ascalon, une vidéo tirée du jeu Guild Wars et qui relate l'histoire de Laelyne et puis ensuite de Minaelle Aeden, membre d'une famille nombreuse, décimée par la Fournaise et que les Dieux, dans leur toute puissance, ont cruellement, après les avoir détruit, doté les membres les plus jeunes des plus fabuleux pouvoirs. Pour qu'ils deviennent, et c'est dit dans ce qu'ils sont au plus profond d'eux même, les rédempteurs et sauveurs des grandes contrées de la tyrie.


http://lyith.free.fr/herosGW.rar

Voilà la vidéo, amusez vous bien.

 
Par Lyith
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Lundi 21 novembre 2005
Bonjour à tous !

Nous voici en Tyrie, le monde de Guild Wars, dix ans après l'époque ou se passe le jeu.

Minaëlle, soeur de Maelinda et Terak, moniale, rend compte de la situation, désespérée, qui lie désormais tous les vivants de la Tyrie.




La morsure du vent qui courait sur sa peau ne l’importunait plus. L’aura bleutée qui dansait autour d’elle s’émaillait avec la brise en volutes disparates. La fatigue la gagnait, et elle tentait de contrer l’engourdissement de ses doigts en serrant davantage son artefact de focus, qui, par de permanents afflux amenait en elle la contrastante douceur de l’énergie. Mais pas suffisamment pour que Minaëlle maintienne l’enchantement qui l’enveloppait. Elle vacilla, et le bras ami, fort et puissant de Nazys la soutint quelque instant. Son regard d’ambre se posa sur ce guerrier, dont l’armure était constellée de tache de sang à peine séchée. La fatigue l’habitait aussi, bien que sa fierté mal placée de guerrier l’empêchait de le montrer. Le visage aux traits tirés de la moniale vit un sourire l’habiter.

 

« _Nous avons fini, aujourd’hui. Rentrons, Nazys. Rentrons. »

 

L’ambre de ses yeux étincela une dernière fois de colère à la vue de ce spectacle horrible. Du haut de leur promontoire, il surplombait le marais qu’était devenu cette gigantesque plaine ou le soleil, auparavant, éclairait l’herbe verte qui tapissait le sol en un tapis uniforme.

 

Le combat avait été rude, et l’armée avait résisté avec la plus grande bravoure possible. Les Hordes qui déferlaient sur elle n’avaient ébranlés en rien sa force, et, pour l’une des premières fois, les pertes n’étaient pas si énormes.

 

Le sol était boueux de sang, et chaque pas semblait amener avec lui cette terre gorgée.

 

La Forêt était loin, encore, et depuis que le Mal avait neutralisé les flux permettant de rejoindre en un clin d’œil les points essentiels, la marche était le meilleur moyen de se déplacer, quoique long.

 

« _Courage Minaëlle. Nous serons là-bas dans trois heures. Là tu pourras te laver de cette journée et te ressourcer auprès des nôtres. »

 

Encore une fois, elle posa ses yeux d’ambres sur Nazys. Il ne parlait que très peu, et c’était pour elle un réconfort de l’avoir entendu, à ce moment précis. Trois heures. Elle sentait au loin son frère Terak, ainsi que Yan, s’éloigner au pas de course. Des quatre coins de la plaine dévastés, ils partaient, tous. Les Arpenteurs du Vent se disséminaient à travers la brise, rejoignant la Forêt. La moniale souriait en sentant chacun des Siens lui répondre, transferant en elle un peu de leur Pouvoir, un peu de leur Energie, un peu de leur chaleur. Personne ne manquait. Nazys et Minaëlle s’arrêtèrent pour attendre Maelinda, qui vint, le visage et les bras maculés de boue et de sang. Pas le sien. Le sourire qui éclairait son visage ne cachait en rien la lassitude qui entourait ses yeux.

 

Et, à la suite d’une longue marche sans qu’aucune parole ne soit échangée, la Forêt se dressa enfin devant eux, majestueuse forteresse naturelle, campement des Arpenteurs du Vent et des milliers de réfugiés.

 

La Forêt les entourait de sa bienveillante douceur, celle qu’elle dispensait depuis la nuit des temps, et qui servaient à tout être vivant d’unique point de repère, désormais, dans cette Tyrie dévastée par la venue du Mal.

 

Depuis combien de temps nous combattons nous contre cela ? Si futiles furent nos querelles auparavant. Nous ne sommes rien face à ce Mal, qui ne veut que bouleverser l’équilibre.

Les guildes, unes à unes, se sont éteintes, aspirées par cette entité qui hait l’œuvre de son opposé, qui hait la vie sur la Tyrie. Merci à toi, notre forteresse, qui nous protège et nous soigne, qui nous rallie et qui nous unit. Mais je perds espoir. Bientôt, le Mal et ses hordes de « Ceux Qui Ne Vivent Pas » seront à nos portes. Et bientôt, les Arpenteurs ne pourront plus rien. Bientôt, les Arpenteurs ne seront plus que de l’oubli, du néant, et la Vie sera parasite de la Tyrie. Je perds espoir, toi, ma Forêt, qui nous aime et nous aide. Je suis lasse de ce sang, de ces guerres inégales et de cette Mort que je ne peux soigner. Regarde ! Regarde tous ces Arpenteurs, avachis et le visage fermé, pleurant intérieurement sur ce qui disparaît. Cela a duré trop de temps, et les Guildes, si puissantes soient elles, ne sont plus rien. Protège nous, ma Forêt, protège nous de tout cela. Par les Dieux, qui nous ont abandonnés, protège nous je t’en prie.

 

 

Epuisée, Minaëlle, se laisse tomber sur l’épais tapis verdoyant, laissant aller son esprit loin de ses souffrances et de ses peines. L’inconscience la cueille tandis que la Forteresse se referme sur ses derniers arrivants, les protégeant de ses arbres séculaires des Hordes du Mal.

 

 

     


Par L'elfe
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Vendredi 27 janvier 2006

La douleur vrilla ses nerfs. Son cœur s’emballa comme pour compenser le manque de souffle provoqué par le choc. Les paroles qui s’échappaient de ses lèvres devenaient inaudibles, quasi incompréhensibles. Un grand voile de poussière recouvrait le bleu du ciel et l’astre solaire n’était qu’une boule rouge, trop faible pour transpercer l’épais plafond. Minaëlle leva les yeux, tandis que ses mains se mouvaient dans l’air en une arabesque continue. La magie opéra, apaisant le côté qui la lançait affreusement. Elle s’adossa à un mur, qui tenait encore debout par on ne sait quel miracle. Devant elle n’était que déchéance et ténèbres, mort et chaos. Des larmes sillonnaient ses joues pâles, entachées par du sang qui n’était – peut être – pas le sien. Elle n’était pas préparé pour ça, non, sûrement pas. Lauréline, elle, aurait sût quoi faire. Elle glissa contre le mur, s’asseyant dans le marécage fangeux de la terre gorgée de sang et d’eau. Alors que l’espoir la quittait, sa vie lui glissait entre les mains. Elle ferma ses yeux pour ne plus voir l’horreur qui lui arrachait l’esprit, pour rejoindre la douceur du monde qu’elle connaissait.

 

 

Un soleil chaud et brillant éclairait à travers les grandes baies vitrées, la grande salle ou des dizaines d’étudiants écoutaient le vieux et sage professeur.

Les élèves, attentifs, buvaient les paroles de cet orateur dont l’âge aurait pu rivaliser avec ces légendaires nains, ceux dont la légende raconte qu’ils vivent dans les hauteurs glacées et enneigées qui bordent le Royaume d’Ascalon. Sa prestance attirait l’œil, motivait l’écoute. Pourtant, la jeune fille n’avait d’yeux que pour la Vie qui coulait, là, au dehors de ces gigantesques vitres aux reflets bleutés. Rien n’aurait pu rivaliser avec le doux chant du vent, s’engouffrant dans les arbres qui bordaient le parc de l’Académie, pas même les récits de ce professeur.

Un sourire fleurit sur les fines lèvres de Minaëlle, éclairant son visage entouré de mèches aux reflets d’or, illuminé par des yeux d’ambre. Oui, la Vie, ce n’était pas ces récits, tous plus fous les uns que les autres, de ce vieil homme. La Vie n’était que ce qui se passait au dehors de ces bâtiments de pierres et de bois.

 

Les bruits étouffés de chaises que l’on pousse la tirèrent de sa rêverie, ramenant son regard sur l’ensemble de la salle, qui déjà se levait. L’enseignement venait de prendre fin, et la jeune fille devait se dépêcher pour se préparer. Elle finissait sa dernière année en tant qu’étudiante, et devait, dans ce cadre, exécuter diverses tâches pour l’Académie, et le Royaume.

 

« _Tu es brillante, Minaëlle. Mais qu’y a-t-il de si passionnant dans ton esprit pour t’évader ainsi alors que tu devrais être toute entière à l’écoute, quand bien même il nous raconte ces folles histoires d’Esprits Puissants dans le grand désert de Cristal ? »

 

Matteo sourit à la jeune fille. Qui le lui rendit. Il était son ami, son amant, celui qu’elle aimait. Celui qui l’accompagnait depuis son entrée à l’académie. Un guerrier, ou du moins, un apprenti. Il avait son âge, et était natif de Rin. Tout comme elle, il était promu à un avenir dans l’armée du royaume, dans leur guerre incessante contre les Charrs.

Et bientôt, une fois que l’Académie serait un souvenir pour eux deux, ils se marieraient. La jeune fille imaginait avec délice l’avenir qui se profilait pour elle.

 

Ils sortirent tout d’eux dans le parc qui entourait l’immense bâtiment d’apprentissage, bras dessus, bras dessous. Minaëlle aperçut Maelinda, sa sœur cadette, elle aussi académicienne, qui réussissait autant, si ce n’est mieux, que son aînée, bien que dans une autre arcane qu’elle.

Elle descendait dans Ascalon, s’étendre sur les berges du plan d’eau qu’abritait la ville.

Demain signerait la fin de son apprentissage. Demain, elle deviendrait une Moniale, combattant pour la grandeur d’Ascalon et pour la victoire contre les horribles Charrs.

Demain…

 

Son sourire se figea. Une puissance indéfinissable la fit trembler, vaciller. L’énergie qui l’habitait, si douce, laissa la place à un vide rance et amer. La trame du monde semblait s’étirer, allongeant le fil du temps pour que Minaëlle ressente encore mieux les affres de la peur s’insinuer en elle. Quelque chose, à l’antithèse de sa puissante magie de soin, naissait, et grandissait, non loin d’elle.

Un trait de feu dilata ses pupilles, éblouissant sa vue. La déflagration qui suivit la projeta au sol, tout comme Matteo. Le sol tremblait, la terre criait. Où était ce le peuple d’Ascalon ? Le flou de sa vue s’affina et l’horreur la prit au visage, déchirant son esprit d’atrocités.

 

Son ami, d’une poigne qui cachait la peur qui déformait son visage, la souleva de terre et l’aida à se remettre sur ses pieds. Des pieds qui ne semblaient plus vouloir la porter.

 

« _Minaëlle ! Protège toi ! »

 

Déjà, aux cris de douleurs de l’humanité qui se mourrait entre les murs d’Ascalon, se mêlaient les hurlements bestiaux des bêtes honnies, des horreurs que l’on nommait Charrs.

 

Comment cela se fait il ? Comment ont-ils pu percer nos défenses avec tant d’aisance, si rapidement ?

 

La peur qui glissait le long de son corps s’insinuait un peu plus en elle, coulant dans ses veines pour paralyser ses membres, glacer son esprit. Les yeux gris clair de Matteo croisèrent son regard d’ambre. Il était apeuré, lui aussi. Mais une sourde détermination grandissait en lui. Minaëlle, tremblante, incanta. Ses mains virevoltaient, glissant sur l’air, et bientôt la magie opéra, bleuissant l’air autour d’elle.

 

Un second trait de feu zébra le ciel et s’écroula sur l’académie, trois cent pas plus haut que le couple. La folie s’emparait des gens, qui, comme des âmes perdues, errait, fous, dans chaque coin et recoin de la cité. Les remparts ne suffisaient pas à protéger la vie. Rien ne pourrait les protéger. Un troisième, puis un quatrième trait s’écrasa sur Ascalon, tuant encore plus de personnes. Matteo, tenant la main de Minaëlle, courrait vers le corps sans vie d’un garde de la cité.

 

Je ne peux rien faire ! Je ne peux rien ! Il est impossible de redonner la vie à une âme qui a rejoint le royaume de Grenth !

 

« _Minaëlle ! On doit combattre les Charrs ! Minaëlle, on le doit ! » La jeune fille ne répondait plus. Le bruit assourdissant s’était transformé en un sifflement aigu et étouffé qui bourdonnait dans ses oreilles. Le temps s’allongeait, fléau de la Vie qui s’échappe. Absente, elle regardait Matteo s’agiter, l’invectiver et la pousser à aller au combat. Et alors, le regard du jeune homme se figea. Le gris clair de ses yeux se mouilla de larmes. La pointe barbelée d’une flèche sortait de sa poitrine. La réalité rattrapa Minaëlle, le bruit assourdissant la transperça de part en part, la colère, la peur, la honte l’envahirent.

 

« _Matteo ! » Elle attira en elle la grandeur de Dwayna, puisant au fond de son être l’énergie nécessaire à Matteo, et d’une parole lança la guérison. Une seconde flèche vint se ficher à la base du cou de son aimé, sécant la carotide. La prière de Minaëlle mourut dans le sang de Matteo, qui maculait maintenant le visage pâle de la jeune fille. Le gris des yeux du jeune homme se ternissait, l’amenant, comme des milliers d’autres aujourd’hui, dans le royaume des Morts. Il s’effondra sur Minaëlle, qui tomba sous son poids. Il la regardait. Son esprit vivait encore. Son esprit luttait pour rassurer la jeune fille.

 

Tout ira bien, Minaëlle… Tout ira bien je te le promets…Mais reste là, je t’en prie… Reste sous moi…

 

Le sang chaud coulait contre elle, glissant le long de son cou, imbibant ses vêtements de lin.

 

Matteo ! Matteo je t’en prie !

 

Un spasme l’agita, et au sang de son ami se mêlèrent les larmes. Elle se plongeait dans le regard de Matteo, et bientôt, la clarté de ses yeux se figea. Il n’était plus, et Minaëlle mourrait avec lui, débarrassée d’espoir. Dévastée, elle pleurait, pressant le visage inerte de son amant contre le sien.

 

Puis le calme revint. Le vacarme assourdissant se tût. Les secousses qui agitaient le sol disparurent. Minaëlle se soutira du poids mort qui écrasait ses poumons, et se redressa, les habits lourds du sang de Matteo. Tout autour d’elle, Ascalon n’était plus. Des centaines de corps, défigurés, désarticulés, jonchaient le sol, se vidant encore du sang qui leur aurait permis de vivre. L’énergie se déversait avec, imbibant la terre, meurtrie à jamais de ce tragique évènement.

Titubante, elle laissa son corps se déplacer à travers les cadavres et les débris. Elle marchait, absente, les bras ballants, vidée.

Le terrain se déroba sous ses pieds et elle chuta, entraînée par la boue. Le sol vint à sa rencontre avec dureté étonnante.

 

La douleur vrilla ses nerfs. Son cœur s’emballa comme pour compenser le manque de souffle provoqué par le choc. Les paroles qui s’échappaient de ses lèvres devenaient inaudibles, quasi incompréhensibles. Elle se releva. Un grand voile de poussière recouvrait le bleu du ciel et l’astre solaire n’était qu’une boule rouge, trop faible pour transpercer l’épais plafond. Minaëlle leva les yeux, tandis que ses mains se mouvaient dans l’air en une arabesque continue. La magie opéra, apaisant le côté qui la lançait affreusement. Elle s’adossa à un mur, qui tenait encore debout par on ne sait quel miracle. Devant elle n’était que déchéance et ténèbres, mort et chaos. Des larmes sillonnaient ses joues pâles, entachées par du sang qui n’était – peut être – pas le sien. Elle n’était pas préparé pour ça, non, sûrement pas. Lauréline, elle, aurait sût quoi faire. Elle glissa contre le mur, s’asseyant dans le marécage fangeux de la terre gorgée de sang et d’eau. Alors que l’espoir la quittait, sa vie lui glissait entre les mains. Elle ferma ses yeux pour ne plus voir l’horreur qui lui arrachait l’esprit, pour rejoindre la douceur du monde qu’elle connaissait.

 

Elle rouvrit les yeux. Et alors, la colère la submergea, brûlant ses veines aussi sûrement que l’acide l’aurait fait.

 

La jeune fille se redressa alors, l’ambre de ses yeux ne reflétant que la puissante détermination qui avait habité Matteo quelques heures auparavant. Le doux visage de la moniale n’était maintenant qu’un masque de douleur caché par une froideur altière. Elle redressa le menton, observant le nouveau monde qui s’offrait à elle.

Ses larmes avaient séchées. Elle incanta, saignant son corps pour s’offrir davantage d’énergie, puis pria pour chaque corps encore en vie. Aux mercis étouffés par les larmes et par la peur des blessés, elle ne prenait plus le temps de répondre. Minaëlle était morte avec Matteo. Et maintenant, condamnée à vivre, elle ne serait plus jamais la même. Juste une moniale, qui, désormais, aspirerait à défier Grenth.

 

Elle n’avait plus peur, désormais. D’un revers de main, elle essuya le sang et les larmes qui maculait son visage. Elle ne vivrait plus, maintenant.  

 


Par l'elfe
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