


Salut les Jeunes ! Voilà la suite de mon texte " Chroniques Tyriennes " , précedemment mis en ligne. Ce texte pourrait visiblement prendre la place de conclusion de cette petite chronique Tyrienne. J'attend vos commentaires, et soyez un peu plus bavards que pour les premières Chroniques Tyriennes ! :)
Bonne lecture.
Etendant son corps vers les cimes du monde, sa prière silencieuse s’envola vers les Dieux qu’elle priait. La magie opérait et tandis que l’énergie, suave, quittait son corps, lentement, les souffrances de Maelinda s’effaçaient de son corps. Les flammes du lutin n’éraflaient même pas l’enchantement qu’elle tenait autour d’elle, et dans un dernier cri la bête s’affalait sous la flèche de Terak. Avec un sourire, il brandissait son arc. C’est à ce moment là que le vent choisit de souffler, s’incarnant dans une bourrasque de feuilles qui passa en sifflant entre Terak et Minaëlle. C’était la fin de l’hiver, et la Nature balbutiait encore, sortant de sa torpeur hivernale. La jeune fille gonflait ses poumons de cet air vivifiant, tandis que ses yeux d’ambres s’imprégnaient de ces couleurs qui renaissent. Et le silence la frappa. L’ombre d’un souci voilà son regard, tandis qu’elle observait Terak se refermer sur lui-même, et Maelinda balbutier quelques paroles qui attiraient déjà en elle l’Energie si bienfaisante.
Une flèche siffla à ses oreilles. Des Arpenteurs apparaissaient tout autour d’elle, rompant le charme qui les confondaient à la Nature elle-même. Une agitation apeurée tordait le beau visage de sa sœur, et Minaëlle eut la conviction que ce n’était pas qu’un simple lutin de feu. Terak encochait flèche sur flèche, et les guerriers, lames pleines de bravoures, hésitaient à aller affronter ce qui se dressait derrière la Moniale.
Tout fût si rapide. La lumière éclatante du soleil se ternit alors, et l’horreur absolue se déversa sur les Arpenteurs réunis. Minaëlle perdit alors le contrôle d’elle-même, sentant ses bras et ses jambes s’engourdirent, puis finir par ne plus répondre. La terreur la gagnait alors, tandis que des entités innommables s’attaquaient à ses amis. Et la chaleur bienfaisante et réconfortante de sa plus vieille amie s’offrit à son esprit, l’apaisant et la réconfortant, tandis qu’elle voyait sa Mort fondre sur elle. Et pourtant, de sa bouche, alors que le fil de sa vie allait se suspendre, la Nature s’exprima.
« _Nimwëlië ! »
La moniale se redressa sur sa couche, la bouche grande ouverte pour happer à elle l’air environnant. Haletante, elle se défit de la couverture de laine qui entravait ses bras. Son regard ambré parcoura l’endroit. Des arbres gigantesques, aux troncs immenses, offraient une relative protection au froid à quelques tentes, toutes habitées. Ca et là, des feux illuminaient des groupes de personnes, les traits tirés, le visage anxieux et les yeux rivés, la plupart du temps, sur la barrière de ténèbres qui se dressait à la limite du halo de lumière. La Forêt. A son côté dormait Maelinda, qui, malgré son âge, ne ressemblait qu’à une jeune fille, toute juste sortie de son adolescence. Le visage qu’elle avait quand tout est arrivé. Sept ans, déjà. Minaëlle se leva, frissonnant du froid qui attaquait ses bras nus. Sept ans que la vie s’était éteinte, et que eux, Humains, étaient des ersatz de la Tyrie. Elle frissonna une seconde fois, mais cette fois non à cause du froid. L’espoir n’était plus. Et en levant les yeux au ciel, elle sut qu’elle n’avait plus la force et le courage de combattre. Ses étoiles disparaissaient. Son ciel s’évanouissait et la splendeur de la voûte stellaire s’était dissipée. Ils mourraient. Tous, un à un. Ils mourraient pour être oublié, et alors ç’aurait été comme si l’Humanité, et la Vie, n’avait jamais existée. Des spasmes l’agitèrent et les sanglots sillonnèrent ses joues.
Les étoiles s’éteignaient, encore et toujours. La vie était perdue, en Tyrie. L’âme même de la planète semblait avoir disparue. Seule restait la Forêt, mais, chaque jour, chaque soir, tous pouvaient sentir que leur forteresse aussi mourrait, et que bientôt ils seraient seul à combattre.
Elle balbutia quelques paroles pour attirer en elle l’énergie bienfaisante, mais elle aussi disparaissait. La douceur avait laissé place à de l’amertume, qui rendit nauséeuse Minaëlle.
Qu’allaient ils devenir ?
Le soleil, blafard, s’éleva une journée de plus.
Et elle vint. Celle que les Arpenteurs pensaient morte. Que le Mal semblait avoir éradiqué. Elle s’offrit à tous, lavant leur esprit et leur corps de tous les maux, remplissant les têtes d’espoir. Elle leur conta leur avenir, leur en promis un.
L’âme même de la Tyrie se matérialisa en tout homme et femme de la Forteresse. Et tous s’armèrent. Et tous combattraient pour que triomphe la Vie. Ce serait leur dernière bataille.
Et en quittant la Forêt, celle-ci poussa son dernier soupir. La Tyrie était dans ce millier de combattants. Fière et brave. Elle allait mener son dernier combat.
La morsure du vent qui courait sur sa peau ne l’importunait plus. L’aura bleutée qui dansait autour d’elle se renforçait, s’épaississant en un nuage d’une blancheur immaculée. Une sourde détermination la gagnait, et ses doigts courraient sur son artefact de focus, qui, par de permanents afflux amenait en elle la douceur retrouvée de l’énergie. Minaëlle maintint avec rage l’enchantement qui l’enveloppait. Le bras ami, fort et puissant de Nazys se posa sur son épaule quelque instant. Son regard d’ambre scruta ce guerrier, dont l’armure était constellée de tache de sang maintenant séchée. « _ Tu pourras bientôt l’enlever, mon ami. » Cette détermination l’habitait aussi, et son visage peu habitué se fendit d’un sourire. Elle tourna la tête et chacun des Arpenteurs la gratifia de ce sourire. De ce magnifique sourire qui irradiait son cœur de chaleur. Le combat allait commencer. Ils étaient tous prêt. En contre bas, glapissaient les monstres, prêt à détruire la Vie.
Minaëlle s’avança de deux pas, et tous les Arpenteurs se mirent à courir, empoignant arcs, flèches, épées et bâtons.
« _Nimwëlië ! »
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