Lundi 21 novembre 2005
Bonjour à tous !

Nous voici en Tyrie, le monde de Guild Wars, dix ans après l'époque ou se passe le jeu.

Minaëlle, soeur de Maelinda et Terak, moniale, rend compte de la situation, désespérée, qui lie désormais tous les vivants de la Tyrie.




La morsure du vent qui courait sur sa peau ne l’importunait plus. L’aura bleutée qui dansait autour d’elle s’émaillait avec la brise en volutes disparates. La fatigue la gagnait, et elle tentait de contrer l’engourdissement de ses doigts en serrant davantage son artefact de focus, qui, par de permanents afflux amenait en elle la contrastante douceur de l’énergie. Mais pas suffisamment pour que Minaëlle maintienne l’enchantement qui l’enveloppait. Elle vacilla, et le bras ami, fort et puissant de Nazys la soutint quelque instant. Son regard d’ambre se posa sur ce guerrier, dont l’armure était constellée de tache de sang à peine séchée. La fatigue l’habitait aussi, bien que sa fierté mal placée de guerrier l’empêchait de le montrer. Le visage aux traits tirés de la moniale vit un sourire l’habiter.

 

« _Nous avons fini, aujourd’hui. Rentrons, Nazys. Rentrons. »

 

L’ambre de ses yeux étincela une dernière fois de colère à la vue de ce spectacle horrible. Du haut de leur promontoire, il surplombait le marais qu’était devenu cette gigantesque plaine ou le soleil, auparavant, éclairait l’herbe verte qui tapissait le sol en un tapis uniforme.

 

Le combat avait été rude, et l’armée avait résisté avec la plus grande bravoure possible. Les Hordes qui déferlaient sur elle n’avaient ébranlés en rien sa force, et, pour l’une des premières fois, les pertes n’étaient pas si énormes.

 

Le sol était boueux de sang, et chaque pas semblait amener avec lui cette terre gorgée.

 

La Forêt était loin, encore, et depuis que le Mal avait neutralisé les flux permettant de rejoindre en un clin d’œil les points essentiels, la marche était le meilleur moyen de se déplacer, quoique long.

 

« _Courage Minaëlle. Nous serons là-bas dans trois heures. Là tu pourras te laver de cette journée et te ressourcer auprès des nôtres. »

 

Encore une fois, elle posa ses yeux d’ambres sur Nazys. Il ne parlait que très peu, et c’était pour elle un réconfort de l’avoir entendu, à ce moment précis. Trois heures. Elle sentait au loin son frère Terak, ainsi que Yan, s’éloigner au pas de course. Des quatre coins de la plaine dévastés, ils partaient, tous. Les Arpenteurs du Vent se disséminaient à travers la brise, rejoignant la Forêt. La moniale souriait en sentant chacun des Siens lui répondre, transferant en elle un peu de leur Pouvoir, un peu de leur Energie, un peu de leur chaleur. Personne ne manquait. Nazys et Minaëlle s’arrêtèrent pour attendre Maelinda, qui vint, le visage et les bras maculés de boue et de sang. Pas le sien. Le sourire qui éclairait son visage ne cachait en rien la lassitude qui entourait ses yeux.

 

Et, à la suite d’une longue marche sans qu’aucune parole ne soit échangée, la Forêt se dressa enfin devant eux, majestueuse forteresse naturelle, campement des Arpenteurs du Vent et des milliers de réfugiés.

 

La Forêt les entourait de sa bienveillante douceur, celle qu’elle dispensait depuis la nuit des temps, et qui servaient à tout être vivant d’unique point de repère, désormais, dans cette Tyrie dévastée par la venue du Mal.

 

Depuis combien de temps nous combattons nous contre cela ? Si futiles furent nos querelles auparavant. Nous ne sommes rien face à ce Mal, qui ne veut que bouleverser l’équilibre.

Les guildes, unes à unes, se sont éteintes, aspirées par cette entité qui hait l’œuvre de son opposé, qui hait la vie sur la Tyrie. Merci à toi, notre forteresse, qui nous protège et nous soigne, qui nous rallie et qui nous unit. Mais je perds espoir. Bientôt, le Mal et ses hordes de « Ceux Qui Ne Vivent Pas » seront à nos portes. Et bientôt, les Arpenteurs ne pourront plus rien. Bientôt, les Arpenteurs ne seront plus que de l’oubli, du néant, et la Vie sera parasite de la Tyrie. Je perds espoir, toi, ma Forêt, qui nous aime et nous aide. Je suis lasse de ce sang, de ces guerres inégales et de cette Mort que je ne peux soigner. Regarde ! Regarde tous ces Arpenteurs, avachis et le visage fermé, pleurant intérieurement sur ce qui disparaît. Cela a duré trop de temps, et les Guildes, si puissantes soient elles, ne sont plus rien. Protège nous, ma Forêt, protège nous de tout cela. Par les Dieux, qui nous ont abandonnés, protège nous je t’en prie.

 

 

Epuisée, Minaëlle, se laisse tomber sur l’épais tapis verdoyant, laissant aller son esprit loin de ses souffrances et de ses peines. L’inconscience la cueille tandis que la Forteresse se referme sur ses derniers arrivants, les protégeant de ses arbres séculaires des Hordes du Mal.

 

 

     


Par L'elfe - Publié dans : Jeu
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Commentaires

Ayant eut la chance de le lire en avant premiere, je confirme ce que je t'avais déclaré précedement: Bravo.
Toujours aussi bien écrit, des tournures de phrases qui montre bien le style du texte épic
Encore Bravo
Commentaire n°1 posté par Romain le 26/11/2005 à 12h37

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