Vendredi 17 mars 2006
Hello à tous !
Petit écrit, vite fait, dans un moment de perdition. J'attend vos avis !






La tristesse déchirait son visage, lissé par l'absence de sentiments, dans un rictus effrayant. Les larmes ruisselait sur ses joues, et les sanglots ressemblait à ceux d'un gamin, en proie à une crise de pleurs, incontrôlable. Les hocquets agitaient son corps par spasmes, et Aymeric se recroquevillait encore plus dans le coin sombre qui le protégeait du monde et de ses peurs. Il glissait sur la terre sèche, grattant le sol pour se coller davantage contre le mur, et de ses mains salies il s'essuyait à grand revers les larmes cristallines qui le souillaient. Ce retour de lucidité lui déchirait l'âme aussi sûrement que son coeur. La bête s'éteignait l'espace d'un instant pour lui rappeler son cruel état, pour lui souffler toutes ses pertes. Lauréline. Cette pensée le tordit de douleur, comme l'aurait fait un carreau d'arbalète droit sur son coeur. Il l'avait perdu, et désormais il n'existait plus. Les sanglots qu'il étouffait attirèrent l'attention, dans les ruines des rues ou l'activité commençait à renaître, et un homme vint vers lui, indécis. Alors, Aymeric, avalant son dernier sanglot, glapit de peur. Va t'en. Je t'en supplie va t'en. Le pauvre curieux vit la face du malheureux se métamorphoser, et la lueur de douleur, au fond des yeux d'Aymeric, disparaître. Il ne sentit ensuite que l'explosion de douleur qui fouillait ses entrailles, et le froid de la lame glacer l'interieur de son abdomen. Il regarda l'assassin avec un regard d'incompréhension, et peu à peu cette flamme de vie s'éteigna, tandis que son corps glissait le long du sabre pour tomber sur le sol comme une masse.


Faiblesse ! Tu n'es qu'un faible ! Dois je la tuer pour que tu l'oublies?


L'ombre, assassine, essuya les larmes qui mouillait son visage. Toute trace de sentiment avait déserté ses traits, et lissée par la Mort, inexpressif, le tueur se dissipa, se dérobant à la lueur éclatante de la lune, se glissant dans les replis de la Toile. Il n'était plus rien que l'objet des Ombres, et, en de lui, se créeait les Tissages maléfiques. Aymeric était devenu le Mal, ainsi que son créateur. Il n'y avait plus de limite à sa haine et sa colère. Et il deviendrait la limite à la Vie, l'arrachant à quiconque se mettrait en travers de lui.

Au fond de lui, l'Assassin étouffa une dernière pensée.


Lauréline, je t'aime.

Par l'elfe - Publié dans : Les temps de l'Eveil
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Vendredi 27 janvier 2006

La douleur vrilla ses nerfs. Son cœur s’emballa comme pour compenser le manque de souffle provoqué par le choc. Les paroles qui s’échappaient de ses lèvres devenaient inaudibles, quasi incompréhensibles. Un grand voile de poussière recouvrait le bleu du ciel et l’astre solaire n’était qu’une boule rouge, trop faible pour transpercer l’épais plafond. Minaëlle leva les yeux, tandis que ses mains se mouvaient dans l’air en une arabesque continue. La magie opéra, apaisant le côté qui la lançait affreusement. Elle s’adossa à un mur, qui tenait encore debout par on ne sait quel miracle. Devant elle n’était que déchéance et ténèbres, mort et chaos. Des larmes sillonnaient ses joues pâles, entachées par du sang qui n’était – peut être – pas le sien. Elle n’était pas préparé pour ça, non, sûrement pas. Lauréline, elle, aurait sût quoi faire. Elle glissa contre le mur, s’asseyant dans le marécage fangeux de la terre gorgée de sang et d’eau. Alors que l’espoir la quittait, sa vie lui glissait entre les mains. Elle ferma ses yeux pour ne plus voir l’horreur qui lui arrachait l’esprit, pour rejoindre la douceur du monde qu’elle connaissait.

 

 

Un soleil chaud et brillant éclairait à travers les grandes baies vitrées, la grande salle ou des dizaines d’étudiants écoutaient le vieux et sage professeur.

Les élèves, attentifs, buvaient les paroles de cet orateur dont l’âge aurait pu rivaliser avec ces légendaires nains, ceux dont la légende raconte qu’ils vivent dans les hauteurs glacées et enneigées qui bordent le Royaume d’Ascalon. Sa prestance attirait l’œil, motivait l’écoute. Pourtant, la jeune fille n’avait d’yeux que pour la Vie qui coulait, là, au dehors de ces gigantesques vitres aux reflets bleutés. Rien n’aurait pu rivaliser avec le doux chant du vent, s’engouffrant dans les arbres qui bordaient le parc de l’Académie, pas même les récits de ce professeur.

Un sourire fleurit sur les fines lèvres de Minaëlle, éclairant son visage entouré de mèches aux reflets d’or, illuminé par des yeux d’ambre. Oui, la Vie, ce n’était pas ces récits, tous plus fous les uns que les autres, de ce vieil homme. La Vie n’était que ce qui se passait au dehors de ces bâtiments de pierres et de bois.

 

Les bruits étouffés de chaises que l’on pousse la tirèrent de sa rêverie, ramenant son regard sur l’ensemble de la salle, qui déjà se levait. L’enseignement venait de prendre fin, et la jeune fille devait se dépêcher pour se préparer. Elle finissait sa dernière année en tant qu’étudiante, et devait, dans ce cadre, exécuter diverses tâches pour l’Académie, et le Royaume.

 

« _Tu es brillante, Minaëlle. Mais qu’y a-t-il de si passionnant dans ton esprit pour t’évader ainsi alors que tu devrais être toute entière à l’écoute, quand bien même il nous raconte ces folles histoires d’Esprits Puissants dans le grand désert de Cristal ? »

 

Matteo sourit à la jeune fille. Qui le lui rendit. Il était son ami, son amant, celui qu’elle aimait. Celui qui l’accompagnait depuis son entrée à l’académie. Un guerrier, ou du moins, un apprenti. Il avait son âge, et était natif de Rin. Tout comme elle, il était promu à un avenir dans l’armée du royaume, dans leur guerre incessante contre les Charrs.

Et bientôt, une fois que l’Académie serait un souvenir pour eux deux, ils se marieraient. La jeune fille imaginait avec délice l’avenir qui se profilait pour elle.

 

Ils sortirent tout d’eux dans le parc qui entourait l’immense bâtiment d’apprentissage, bras dessus, bras dessous. Minaëlle aperçut Maelinda, sa sœur cadette, elle aussi académicienne, qui réussissait autant, si ce n’est mieux, que son aînée, bien que dans une autre arcane qu’elle.

Elle descendait dans Ascalon, s’étendre sur les berges du plan d’eau qu’abritait la ville.

Demain signerait la fin de son apprentissage. Demain, elle deviendrait une Moniale, combattant pour la grandeur d’Ascalon et pour la victoire contre les horribles Charrs.

Demain…

 

Son sourire se figea. Une puissance indéfinissable la fit trembler, vaciller. L’énergie qui l’habitait, si douce, laissa la place à un vide rance et amer. La trame du monde semblait s’étirer, allongeant le fil du temps pour que Minaëlle ressente encore mieux les affres de la peur s’insinuer en elle. Quelque chose, à l’antithèse de sa puissante magie de soin, naissait, et grandissait, non loin d’elle.

Un trait de feu dilata ses pupilles, éblouissant sa vue. La déflagration qui suivit la projeta au sol, tout comme Matteo. Le sol tremblait, la terre criait. Où était ce le peuple d’Ascalon ? Le flou de sa vue s’affina et l’horreur la prit au visage, déchirant son esprit d’atrocités.

 

Son ami, d’une poigne qui cachait la peur qui déformait son visage, la souleva de terre et l’aida à se remettre sur ses pieds. Des pieds qui ne semblaient plus vouloir la porter.

 

« _Minaëlle ! Protège toi ! »

 

Déjà, aux cris de douleurs de l’humanité qui se mourrait entre les murs d’Ascalon, se mêlaient les hurlements bestiaux des bêtes honnies, des horreurs que l’on nommait Charrs.

 

Comment cela se fait il ? Comment ont-ils pu percer nos défenses avec tant d’aisance, si rapidement ?

 

La peur qui glissait le long de son corps s’insinuait un peu plus en elle, coulant dans ses veines pour paralyser ses membres, glacer son esprit. Les yeux gris clair de Matteo croisèrent son regard d’ambre. Il était apeuré, lui aussi. Mais une sourde détermination grandissait en lui. Minaëlle, tremblante, incanta. Ses mains virevoltaient, glissant sur l’air, et bientôt la magie opéra, bleuissant l’air autour d’elle.

 

Un second trait de feu zébra le ciel et s’écroula sur l’académie, trois cent pas plus haut que le couple. La folie s’emparait des gens, qui, comme des âmes perdues, errait, fous, dans chaque coin et recoin de la cité. Les remparts ne suffisaient pas à protéger la vie. Rien ne pourrait les protéger. Un troisième, puis un quatrième trait s’écrasa sur Ascalon, tuant encore plus de personnes. Matteo, tenant la main de Minaëlle, courrait vers le corps sans vie d’un garde de la cité.

 

Je ne peux rien faire ! Je ne peux rien ! Il est impossible de redonner la vie à une âme qui a rejoint le royaume de Grenth !

 

« _Minaëlle ! On doit combattre les Charrs ! Minaëlle, on le doit ! » La jeune fille ne répondait plus. Le bruit assourdissant s’était transformé en un sifflement aigu et étouffé qui bourdonnait dans ses oreilles. Le temps s’allongeait, fléau de la Vie qui s’échappe. Absente, elle regardait Matteo s’agiter, l’invectiver et la pousser à aller au combat. Et alors, le regard du jeune homme se figea. Le gris clair de ses yeux se mouilla de larmes. La pointe barbelée d’une flèche sortait de sa poitrine. La réalité rattrapa Minaëlle, le bruit assourdissant la transperça de part en part, la colère, la peur, la honte l’envahirent.

 

« _Matteo ! » Elle attira en elle la grandeur de Dwayna, puisant au fond de son être l’énergie nécessaire à Matteo, et d’une parole lança la guérison. Une seconde flèche vint se ficher à la base du cou de son aimé, sécant la carotide. La prière de Minaëlle mourut dans le sang de Matteo, qui maculait maintenant le visage pâle de la jeune fille. Le gris des yeux du jeune homme se ternissait, l’amenant, comme des milliers d’autres aujourd’hui, dans le royaume des Morts. Il s’effondra sur Minaëlle, qui tomba sous son poids. Il la regardait. Son esprit vivait encore. Son esprit luttait pour rassurer la jeune fille.

 

Tout ira bien, Minaëlle… Tout ira bien je te le promets…Mais reste là, je t’en prie… Reste sous moi…

 

Le sang chaud coulait contre elle, glissant le long de son cou, imbibant ses vêtements de lin.

 

Matteo ! Matteo je t’en prie !

 

Un spasme l’agita, et au sang de son ami se mêlèrent les larmes. Elle se plongeait dans le regard de Matteo, et bientôt, la clarté de ses yeux se figea. Il n’était plus, et Minaëlle mourrait avec lui, débarrassée d’espoir. Dévastée, elle pleurait, pressant le visage inerte de son amant contre le sien.

 

Puis le calme revint. Le vacarme assourdissant se tût. Les secousses qui agitaient le sol disparurent. Minaëlle se soutira du poids mort qui écrasait ses poumons, et se redressa, les habits lourds du sang de Matteo. Tout autour d’elle, Ascalon n’était plus. Des centaines de corps, défigurés, désarticulés, jonchaient le sol, se vidant encore du sang qui leur aurait permis de vivre. L’énergie se déversait avec, imbibant la terre, meurtrie à jamais de ce tragique évènement.

Titubante, elle laissa son corps se déplacer à travers les cadavres et les débris. Elle marchait, absente, les bras ballants, vidée.

Le terrain se déroba sous ses pieds et elle chuta, entraînée par la boue. Le sol vint à sa rencontre avec dureté étonnante.

 

La douleur vrilla ses nerfs. Son cœur s’emballa comme pour compenser le manque de souffle provoqué par le choc. Les paroles qui s’échappaient de ses lèvres devenaient inaudibles, quasi incompréhensibles. Elle se releva. Un grand voile de poussière recouvrait le bleu du ciel et l’astre solaire n’était qu’une boule rouge, trop faible pour transpercer l’épais plafond. Minaëlle leva les yeux, tandis que ses mains se mouvaient dans l’air en une arabesque continue. La magie opéra, apaisant le côté qui la lançait affreusement. Elle s’adossa à un mur, qui tenait encore debout par on ne sait quel miracle. Devant elle n’était que déchéance et ténèbres, mort et chaos. Des larmes sillonnaient ses joues pâles, entachées par du sang qui n’était – peut être – pas le sien. Elle n’était pas préparé pour ça, non, sûrement pas. Lauréline, elle, aurait sût quoi faire. Elle glissa contre le mur, s’asseyant dans le marécage fangeux de la terre gorgée de sang et d’eau. Alors que l’espoir la quittait, sa vie lui glissait entre les mains. Elle ferma ses yeux pour ne plus voir l’horreur qui lui arrachait l’esprit, pour rejoindre la douceur du monde qu’elle connaissait.

 

Elle rouvrit les yeux. Et alors, la colère la submergea, brûlant ses veines aussi sûrement que l’acide l’aurait fait.

 

La jeune fille se redressa alors, l’ambre de ses yeux ne reflétant que la puissante détermination qui avait habité Matteo quelques heures auparavant. Le doux visage de la moniale n’était maintenant qu’un masque de douleur caché par une froideur altière. Elle redressa le menton, observant le nouveau monde qui s’offrait à elle.

Ses larmes avaient séchées. Elle incanta, saignant son corps pour s’offrir davantage d’énergie, puis pria pour chaque corps encore en vie. Aux mercis étouffés par les larmes et par la peur des blessés, elle ne prenait plus le temps de répondre. Minaëlle était morte avec Matteo. Et maintenant, condamnée à vivre, elle ne serait plus jamais la même. Juste une moniale, qui, désormais, aspirerait à défier Grenth.

 

Elle n’avait plus peur, désormais. D’un revers de main, elle essuya le sang et les larmes qui maculait son visage. Elle ne vivrait plus, maintenant.  

 


Par l'elfe - Publié dans : Jeu
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Samedi 26 novembre 2005

Bonsoir ! Voici un petit passage des temps de l'éveil. Eheren, quelques années après ce que vous connaissez de lui : http://lyith.over-blog.com/article-353697.html

 

Bonne lecture.

 


 

 

La lame froide irradiait d'une lumière blafarde, faible réponse à la beauté argentée de la Lune. L'attente commençait à ennuyer le félin qui observait la scène, immobile, les yeux brillants au reflet de l'astre mort, tout comme le singulier être qu'il observait.

Avec l'assurance et l'habileté du maître, l'ombre aux yeux dorés se mouva, silencieuse, comme la légende l'annonçait.

Le contraste frappa Garic aussi sûrement que la lame qui s'enfonça en lui. Il ne voyait que cette ombre. Rien d'autre. Une ombre pénétrant le halo de lumière, et maintenant qui l'observait mourir. Il essayait avec peine de hurler, mais il n'emettait qu'un sifflement aigu au travers de sa gorge tranchée. La mort l'avait happé silencieusement. Et il ne put jamais apercevoir le visage de son assassin, couvert par l'ombre qui enflait à mesure que sa vie s'échappait.

Eheren baissa son regard voilé sur la lame. Elle ne brillait plus, ne refletait maintenant que sa propre haine qui l'habitait, celle du sang, qui, goutte à goutte, s'effondrait sur le sol durci par le gel hivernal.

L'enfant de l'Is'Sael'ynn Besdark n'était devenu qu'un vulgaire homme à tuer. Pourquoi avoir voulu venir dans ces terres souillées par l'Humain? Pour ne devenir que l'un d'eux?

Un trait de colère déforma son visage. Il était venu ici pour renouer avec ce que Sael'ynn était vraiment. Là ou il avait demeuré. Comment l'Is'sael'ynn Besdark pouvait il honorer son Dieu s'il n'avait même pas idée de comment il avait vécu? Eheren le savait, maintenant. Il comprenait la volonté de son peuple de se tenir éloigner des cités et du Nouveau Royaume, oeuvre de Sael'ynn et des Dieux. Un Royaume souillé par la corruption, par la Haine et les guérillas entre Maisons.

Mais pourquoi avait il décidé de s'en mêler, alors? Pourquoi avoir accepté l'immense charge qu'on lui mettait entre les mains?

Eheren observa une dernière fois le corps sans vie qui gisait là. Il essuya le sang de sa lame sur la tunique poussiéreuse de ce pouilleux. Etait il vraiment ce que l'on en disait? Etait il celui qui avait dirigé les Gardes Royaux?

Le son feutré d'un pas sorti Eheren de son interrogation, et, aussi rapidement qu'il était apparu, il s'enfoui à travers la Toile et disparu de la vue du monde, et de l'éclat lunaire.

Fuyant à travers le dédale des rues de la cité, Eheren se sut perdu de son monde. Il n'appartenait plus à l'IS'sael'ynn Besdark. Il s'était perdu en cherchant son Dieu.

Par L'elfe - Publié dans : Les temps de l'Eveil
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Jeudi 24 novembre 2005

Salut les Jeunes ! Voilà la suite de mon texte " Chroniques Tyriennes " , précedemment mis en ligne. Ce texte pourrait visiblement prendre la place de conclusion de cette petite chronique Tyrienne. J'attend vos commentaires, et soyez un peu plus bavards que pour les premières Chroniques Tyriennes ! :)
Bonne lecture.





Etendant son corps vers les cimes du monde, sa prière silencieuse s’envola vers les Dieux qu’elle priait. La magie opérait et tandis que l’énergie, suave, quittait son corps, lentement, les souffrances de Maelinda s’effaçaient de son corps. Les flammes du lutin n’éraflaient même pas l’enchantement qu’elle tenait autour d’elle, et dans un dernier cri la bête s’affalait sous la flèche de Terak. Avec un sourire, il brandissait son arc. C’est à ce moment là que le vent choisit de souffler, s’incarnant dans une bourrasque de feuilles qui passa en sifflant entre Terak et Minaëlle. C’était la fin de l’hiver, et la Nature balbutiait encore, sortant de sa torpeur hivernale. La jeune fille gonflait ses poumons de cet air vivifiant, tandis que ses yeux d’ambres s’imprégnaient de ces couleurs qui renaissent. Et le silence la frappa. L’ombre d’un souci voilà son regard, tandis qu’elle observait Terak se refermer sur lui-même, et Maelinda balbutier quelques paroles qui attiraient déjà en elle l’Energie si bienfaisante.

Une flèche siffla à ses oreilles. Des Arpenteurs apparaissaient tout autour d’elle, rompant le charme qui les confondaient à la Nature elle-même. Une agitation apeurée tordait le beau visage de sa sœur, et Minaëlle eut la conviction que ce n’était pas qu’un simple lutin de feu. Terak encochait flèche sur flèche, et les guerriers, lames pleines de bravoures, hésitaient à aller affronter ce qui se dressait derrière la Moniale.

Tout fût si rapide. La lumière éclatante du soleil se ternit alors, et l’horreur absolue se déversa sur les Arpenteurs réunis. Minaëlle perdit alors le contrôle d’elle-même, sentant ses bras et ses jambes s’engourdirent, puis finir par ne plus répondre. La terreur la gagnait alors, tandis que des entités innommables s’attaquaient à ses amis. Et la chaleur bienfaisante et réconfortante de sa plus vieille amie s’offrit à son esprit, l’apaisant et la réconfortant, tandis qu’elle voyait sa Mort fondre sur elle. Et pourtant, de sa bouche, alors que le fil de sa vie allait se suspendre, la Nature s’exprima.

 

« _Nimwëlië ! »

 

La moniale se redressa sur sa couche, la bouche grande ouverte pour happer à elle l’air environnant. Haletante, elle se défit de la couverture de laine qui entravait ses bras. Son regard ambré parcoura l’endroit. Des arbres gigantesques, aux troncs immenses, offraient une relative protection au froid à quelques tentes, toutes habitées. Ca et là, des feux illuminaient des groupes de personnes, les traits tirés, le visage anxieux et les yeux rivés, la plupart du temps, sur la barrière de ténèbres qui se dressait à la limite du halo de lumière. La Forêt. A son côté dormait Maelinda, qui, malgré son âge, ne ressemblait qu’à une jeune fille, toute juste sortie de son adolescence. Le visage qu’elle avait quand tout est arrivé. Sept ans, déjà. Minaëlle se leva, frissonnant du froid qui attaquait ses bras nus. Sept ans que la vie s’était éteinte, et que eux, Humains, étaient des ersatz de la Tyrie. Elle frissonna une seconde fois, mais cette fois non à cause du froid. L’espoir n’était plus. Et en levant les yeux au ciel, elle sut qu’elle n’avait plus la force et le courage de combattre. Ses étoiles disparaissaient. Son ciel s’évanouissait et la splendeur de la voûte stellaire s’était dissipée. Ils mourraient. Tous, un à un. Ils mourraient pour être oublié, et alors ç’aurait été comme si l’Humanité, et la Vie, n’avait jamais existée. Des spasmes l’agitèrent et les sanglots sillonnèrent ses joues.

Les étoiles s’éteignaient, encore et toujours. La vie était perdue, en Tyrie. L’âme même de la planète semblait avoir disparue. Seule restait la Forêt, mais, chaque jour, chaque soir, tous pouvaient sentir que leur forteresse aussi mourrait, et que bientôt ils seraient seul à combattre.

 

Elle balbutia quelques paroles pour attirer en elle l’énergie bienfaisante, mais elle aussi disparaissait. La douceur avait laissé place à de l’amertume, qui rendit nauséeuse Minaëlle.

 

Qu’allaient ils devenir ?

 

Le soleil, blafard, s’éleva une journée de plus.

 

Et elle vint. Celle que les Arpenteurs pensaient morte. Que le Mal semblait avoir éradiqué. Elle s’offrit à tous, lavant leur esprit et leur corps de tous les maux, remplissant les têtes d’espoir. Elle leur conta leur avenir, leur en promis un.

L’âme même de la Tyrie se matérialisa en tout homme et femme de la Forteresse. Et tous s’armèrent. Et tous combattraient pour que triomphe la Vie. Ce serait leur dernière bataille.

Et en quittant la Forêt, celle-ci poussa son dernier soupir. La Tyrie était dans ce millier de combattants. Fière et brave. Elle allait mener son dernier combat.

 

 

 

 

 

La morsure du vent qui courait sur sa peau ne l’importunait plus. L’aura bleutée qui dansait autour d’elle se renforçait, s’épaississant en un nuage d’une blancheur immaculée. Une sourde détermination la gagnait, et ses doigts courraient sur son artefact de focus, qui, par de permanents afflux amenait en elle la douceur retrouvée de l’énergie. Minaëlle maintint avec rage l’enchantement qui l’enveloppait. Le bras ami, fort et puissant de Nazys se posa sur son épaule quelque instant. Son regard d’ambre scruta ce guerrier, dont l’armure était constellée de tache de sang maintenant séchée. « _ Tu pourras bientôt l’enlever, mon ami. » Cette détermination l’habitait aussi, et son visage peu habitué se fendit d’un sourire. Elle tourna la tête et chacun des Arpenteurs la gratifia de ce sourire. De ce magnifique sourire qui irradiait son cœur de chaleur. Le combat allait commencer. Ils étaient tous prêt. En contre bas, glapissaient les monstres, prêt à détruire la Vie.

 

Minaëlle s’avança de deux pas, et tous les Arpenteurs se mirent à courir, empoignant arcs, flèches, épées et bâtons.

 

« _Nimwëlië ! »


Par L'elfe - Publié dans : Les temps de l'Eveil
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Lundi 21 novembre 2005
Bonjour à tous !

Nous voici en Tyrie, le monde de Guild Wars, dix ans après l'époque ou se passe le jeu.

Minaëlle, soeur de Maelinda et Terak, moniale, rend compte de la situation, désespérée, qui lie désormais tous les vivants de la Tyrie.




La morsure du vent qui courait sur sa peau ne l’importunait plus. L’aura bleutée qui dansait autour d’elle s’émaillait avec la brise en volutes disparates. La fatigue la gagnait, et elle tentait de contrer l’engourdissement de ses doigts en serrant davantage son artefact de focus, qui, par de permanents afflux amenait en elle la contrastante douceur de l’énergie. Mais pas suffisamment pour que Minaëlle maintienne l’enchantement qui l’enveloppait. Elle vacilla, et le bras ami, fort et puissant de Nazys la soutint quelque instant. Son regard d’ambre se posa sur ce guerrier, dont l’armure était constellée de tache de sang à peine séchée. La fatigue l’habitait aussi, bien que sa fierté mal placée de guerrier l’empêchait de le montrer. Le visage aux traits tirés de la moniale vit un sourire l’habiter.

 

« _Nous avons fini, aujourd’hui. Rentrons, Nazys. Rentrons. »

 

L’ambre de ses yeux étincela une dernière fois de colère à la vue de ce spectacle horrible. Du haut de leur promontoire, il surplombait le marais qu’était devenu cette gigantesque plaine ou le soleil, auparavant, éclairait l’herbe verte qui tapissait le sol en un tapis uniforme.

 

Le combat avait été rude, et l’armée avait résisté avec la plus grande bravoure possible. Les Hordes qui déferlaient sur elle n’avaient ébranlés en rien sa force, et, pour l’une des premières fois, les pertes n’étaient pas si énormes.

 

Le sol était boueux de sang, et chaque pas semblait amener avec lui cette terre gorgée.

 

La Forêt était loin, encore, et depuis que le Mal avait neutralisé les flux permettant de rejoindre en un clin d’œil les points essentiels, la marche était le meilleur moyen de se déplacer, quoique long.

 

« _Courage Minaëlle. Nous serons là-bas dans trois heures. Là tu pourras te laver de cette journée et te ressourcer auprès des nôtres. »

 

Encore une fois, elle posa ses yeux d’ambres sur Nazys. Il ne parlait que très peu, et c’était pour elle un réconfort de l’avoir entendu, à ce moment précis. Trois heures. Elle sentait au loin son frère Terak, ainsi que Yan, s’éloigner au pas de course. Des quatre coins de la plaine dévastés, ils partaient, tous. Les Arpenteurs du Vent se disséminaient à travers la brise, rejoignant la Forêt. La moniale souriait en sentant chacun des Siens lui répondre, transferant en elle un peu de leur Pouvoir, un peu de leur Energie, un peu de leur chaleur. Personne ne manquait. Nazys et Minaëlle s’arrêtèrent pour attendre Maelinda, qui vint, le visage et les bras maculés de boue et de sang. Pas le sien. Le sourire qui éclairait son visage ne cachait en rien la lassitude qui entourait ses yeux.

 

Et, à la suite d’une longue marche sans qu’aucune parole ne soit échangée, la Forêt se dressa enfin devant eux, majestueuse forteresse naturelle, campement des Arpenteurs du Vent et des milliers de réfugiés.

 

La Forêt les entourait de sa bienveillante douceur, celle qu’elle dispensait depuis la nuit des temps, et qui servaient à tout être vivant d’unique point de repère, désormais, dans cette Tyrie dévastée par la venue du Mal.

 

Depuis combien de temps nous combattons nous contre cela ? Si futiles furent nos querelles auparavant. Nous ne sommes rien face à ce Mal, qui ne veut que bouleverser l’équilibre.

Les guildes, unes à unes, se sont éteintes, aspirées par cette entité qui hait l’œuvre de son opposé, qui hait la vie sur la Tyrie. Merci à toi, notre forteresse, qui nous protège et nous soigne, qui nous rallie et qui nous unit. Mais je perds espoir. Bientôt, le Mal et ses hordes de « Ceux Qui Ne Vivent Pas » seront à nos portes. Et bientôt, les Arpenteurs ne pourront plus rien. Bientôt, les Arpenteurs ne seront plus que de l’oubli, du néant, et la Vie sera parasite de la Tyrie. Je perds espoir, toi, ma Forêt, qui nous aime et nous aide. Je suis lasse de ce sang, de ces guerres inégales et de cette Mort que je ne peux soigner. Regarde ! Regarde tous ces Arpenteurs, avachis et le visage fermé, pleurant intérieurement sur ce qui disparaît. Cela a duré trop de temps, et les Guildes, si puissantes soient elles, ne sont plus rien. Protège nous, ma Forêt, protège nous de tout cela. Par les Dieux, qui nous ont abandonnés, protège nous je t’en prie.

 

 

Epuisée, Minaëlle, se laisse tomber sur l’épais tapis verdoyant, laissant aller son esprit loin de ses souffrances et de ses peines. L’inconscience la cueille tandis que la Forteresse se referme sur ses derniers arrivants, les protégeant de ses arbres séculaires des Hordes du Mal.

 

 

     


Par L'elfe - Publié dans : Jeu
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Mercredi 9 novembre 2005


Me voilà parvenue, dans mes longs périples sur les Terres dévastées de notre ancien monde, sur un site particulièrement interessant. Ces images si réalistes, gardées sous un verre si transparent qu'il semblerait crée par les Dieux, que je vous offre sont les vestiges de ceux qui nous précédèrent.

Regardez plutôt. Et souvenez vous. Souvenez vous ces carioles de ferailles, que la rouille mangeait. Celles que nous avons trouvés. Voilà ce qu'elles étaient, vraisemblablement quelques mois auparavant l'Evénement, celui qui plongea la Terre dans le Renouveau et la Reconstruction.





L'automobile, dans sa splendeur et sa puissance.



Ce rassemblement d'automobiles nous permet d'apprécier l'état très différent
du sol d'avant l'Evènement. Propre, lisse, encombré, et sans la moindre
poussière.




Par rapport aux autres automobiles présentes, celle ci paraît gigantesque.
Pourrant, et vous pourrez en convenir, cette présente taille paraît approcher
celle de nos chariots et autres étals ambulants des marchands de la Grande Cité.


L'étandard de cette automobile rappelle fortement celui
que portaient les Germains lors de la Grande Unification, lorsque Doryan le Grand, accompagné
de Nicolas, notre Tout Puissant, les unifia à notre cause.


Même remarque ici.


Notons au fond la présence d'un écrit : "Aguar". Malgré mes nombreuses recherches,
Je n'arrive pas à trouver de correspondance. Vraisemblablement le nom de l'une de ces automobiles.




Voilà la dernière image que le vitrage protégeait. Je vous l'adresse à vous, grand Roi du Nouveau Royaume, Urthar, huitième génération descendante de Doryan le Grand. Soyez assuré de ma plus grande soumission et de mon plus grand respect,

Je vous remercie pour les fonds que vous m'offrez pour continuer ces recherches.


Céline l'archiviste.




A l'intention d'Urthar, Roi du Nouveau Royaume,

Après étude de cet écrit, il serait conseillé de ne pas le diffuser et de nous en confier la charge. Nous le conserverons avec le plus grand respect pour la cause qui vous tient à coeur, à savoir la découverte de vos origines. Il nous semble pourtant oportun de vous rappeler que, nous, Rédacteurs des Grands Eveillés, nos Dieux,  avons mis à votre disposition l'Histoire de vos origines et de celle du Peuple. De la grande conquête et de la Grande Unification, de la naissance de Doryan, de l'Evenement et de la génèse de nos Dieux, les Grands Eveillés.


Les Rédacteurs.



Marqué du Sceau des Rédacteurs, la Toile s'organise étrangement autour de ce morceau de peau. Le conseiller du Roi, Essiil , un Rédacteur et Eveillé, pourra lire la vraie raison.

" Pictographie d'Aymeric (Saelynn), Grand Eveillé, et de Lawrélyne, avant l'Evènement, tels qu'ils furent avant d'être nos Dieux."







Et voilà, toujours à la sauce "Chronique d'une Chute" et "Temps de l'Eveil", voici les photos de notre périple au salon de l'automobile, un mois auparavant.
Pour les éventuelles questions sur la signification de certaines choses par rapport aux Chroniques ou au Temps de l'Eveil, n'hésitez pas.

Sinon, et pour conclure, remercions Romain. (Sinon je ne saurai clore un article)


Par L'elfe - Publié dans : Les temps de l'Eveil
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Vendredi 26 août 2005
Camarades ! Camarades !



Salut à vous ! Et voici pour le retour de l'Elfe et de ces petits articles bidons, les Chroniques d'Ascalon.
Notez que "Chroniques" semble être visiblement un mot que j'aime et que j'utilise. En effet, mais le pourquoi du comment, aucune idée. Bref, ici sont les chroniques d'Ascalon, une vidéo tirée du jeu Guild Wars et qui relate l'histoire de Laelyne et puis ensuite de Minaelle Aeden, membre d'une famille nombreuse, décimée par la Fournaise et que les Dieux, dans leur toute puissance, ont cruellement, après les avoir détruit, doté les membres les plus jeunes des plus fabuleux pouvoirs. Pour qu'ils deviennent, et c'est dit dans ce qu'ils sont au plus profond d'eux même, les rédempteurs et sauveurs des grandes contrées de la tyrie.


http://lyith.free.fr/herosGW.rar

Voilà la vidéo, amusez vous bien.

 
Par Lyith - Publié dans : Jeu
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